Certaines personnes pensent que la vaccination ne concerne que les enfants. Certains vaccins sont importants à l’âge adulte».
Le Dr Nicolas Rouzic est chef de clinique assistant au service des maladies
infectieuses et du centre de vaccination à l’hôpital
de la Cavale Blanche à Brest. Il nous rappelle les enjeux de la vaccination.
Quel est l’objectif de la Semaine européenne de la vaccination? La Semaine européenne de la vaccination a pour objectifs de favoriser une meilleure compréhension par la population de la politique vaccinale contre les maladies infectieuses et d’améliorer les taux de couverture vaccinale. Quels sont les enjeux de la vaccination? La vaccination permet de protéger chacun d’entre nous contre différents microbes à l’origine de maladies infectieuses (virus et bactéries). Elle stimule notre système immunitaire qui peut ainsi mémoriser le premier contact avec un microbe rendu préalablement inoffensif. Si le microbe «naturel» s’introduit dans notre organisme, il sera reconnu plus rapidement et l’intensité de la réponse immune permettra d’éviter l’infection et ses complications. Les vaccins sont-ils efficaces? Différentes maladies permettent de démontrer objectivement l’efficacité des vaccinations. Grâce à une vaccination conséquente, la variole a été éradiquée depuis plus de vingt ans, la poliomyélite a massivement diminué dans le monde entier et on constate que le nombre de cas de rougeole est inversement proportionnel au taux de vaccination de la population: plus ce taux est élevé, moins on observe de cas de rougeole. Les vaccinations sont-elles indispensables chez l’adulte ? Certaines personnes pensent parfois que la vaccination ne concerne que les enfants. En fait, certains vaccins sont aussi très importants à l’âge adulte. Par exemple, les rappels contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite doivent être réalisés tous les dix ans. Dans la population adulte, beaucoup n’ont pas fait ce rappel et ne sont plus protégés, c’est pour cela qu’il existe toujours des cas de tétanos dans notre pays. Existe-t-il des contre-indications pour certains vaccins ? Il existe de très rares cas de contre-indication à la vaccination, le médecin les identifiera au moment de la consultation préalable à toute vaccination (allergie grave, immunodépression, grossesse). De plus, en cas de maladie bénigne ou de fièvre, la vaccination sera retardée d’une à deux semaines. Existe-t-il parfois des effets secondaires désagréables ? Certains vaccins peuvent avoir des effets indésirables, le plus souvent limités (fièvre, douleurs au point d’injection), mais ils font courir beaucoup moins de risques que les maladies elles-mêmes. Par ailleurs, les vaccins ne provoquent pratiquement jamais les symptômes et les complications des maladies contre lesquelles ils protègent. Que faire quand, adulte, on ne sait plus où on en est par rapport à tous ces vaccins obligatoires ou simplement conseillés ? Le plus simple est d’aborder la question avec son médecin traitant, ou de contacter un centre de vaccination, afin de faire le point sur les vaccinations antérieures grâce au carnet de santé ou à une carte de vaccination. La consultation permettra d’envisager une mise à jour des vaccins obligatoires (diphtérie, tétanos, poliomyélite) et, en fonction du contexte et des antécédents, de proposer des vaccinations complémentaires (coqueluche, hépatite B, pneumocoque…).