
Qu’entend-t-on précisément par comportements à risques ?
D’un point de vue psychosociologique, les conduites à risques sont une des caractéristiques de l’adolescence permettant parfois la transition entre l’état d’enfant et le jeune adulte. Pour réaliser le passage (quitter la dépendance propre à l’enfance) le jeune a la nécessité de se dépasser, s’imposer des épreuves et de se confronter à l’interdit (pour voir si les adultes en face sont vraiment solides !), se faire peur, parfois faire peur (pour vérifier si on tient à lui et jusqu’où l’autre est prêt à aller). Cette prise de risque «normale» à l’adolescence se situe davantage dans une quête de sens. En fait, le jeune teste son entourage.
Vous pouvez donner des exemples de telles conduites ?
Elles peuvent être socialisées ou individuelles, la prise de risque peut se faire au travers de l’usage des substances psycho-actives mais pas uniquement. Elle implique le corps de façon systématique. Pour citer quelques exemples de ce que nous observons le plus : la «biture express» presque en aveugle, la prise de risque sexuelle avec ou sans produit, les expérimentations dangereuses comme la conduite d’engin avec prise de risque ou les défis mécaniques, les expériences sportives extrêmes ; parfois aussi des prises de risques alimentaires (s’abstenir de manger une journée entière). S’interdire de parler aux adultes le plus longtemps possible. Provoquer la violence pour se faire battre sévèrement, se battre de façon intempestive et répétée. Se scarifier. Prendre des médicaments détournés de leur usage, tenter de se donner la mort…
C’est un phénomène nouveau ?
Non absolument pas, mais il y avait auparavant plus de rites de passage de l’enfance à l’âge adulte, la société proposait des espaces et des événements pour cela. Il reste des événements marquants, les jeunes parlent très souvent du permis de conduire pour trouver leur liberté. Mais ils n’ont plus grand-chose à conquérir pour leur autonomie, ils sont souvent engloutis par le «Matériel» et cherchent parfois des moyens «sauvages» de devenir autres, différents des ascendants, sans arriver réellement à l’être, et à se séparer vraiment. La précarité économique ne leur donne pas la possibilité de quitter vraiment la famille au moment où cela serait souhaitable.
Ces conduites dangereuses concernent quelles tranches d’âge en particulier ?
Elle concerne la tranche 13-18 ans chez les filles et 13-20 chez les garçons.
Peuvent-ils mettre réellement leur vie en danger ?
Bien sûr, ils mettent leur vie en danger. Chez les jeunes, on retrouve un sentiment d’immortalité, d’invulnérabilité, avec en même temps des questionnements sur la mort (deuil de son état d’enfant, de ce corps qui change, que l’on ne contrôle plus, que l’on voudrait maîtriser davantage et pour cela on va le tester).
Même aller jusqu’à la mort ?
Oui, consciemment ou inconsciemment, soit parce que le risque n’est pas encore maîtrisé (avant 16 ans) soit parce que pour l’adolescent le processus de séparation d’avec les parents génère trop d’angoisses, ou que les parents ne peuvent aussi aider à ce processus de séparation.
Le Centre Bretagne est-il concerné par cette problématique ?
Bien sûr, surtout si cela s’ancre dans des pratiques d’alcoolisations déjà existantes depuis plusieurs générations, ce qui est le cas chez nous. Il y a encore des jeunes «irréductibles» en ce qui concerne la conduite en étant alcoolisé. Mais c’est aussi un comportement d’adulte fréquent autour d’eux.
De la même manière que les zones urbaines ?
Je pense que les habitudes sont plus ancrées en milieu rural.
Que peut-on mettre en place pour éviter de tels comportements ?
C’est une évidence, tout le monde l’a dit, il faut parler de ces comportements et commencer par les rendre conscients dans l’esprit des jeunes et des adultes, arrêter de dire «que c’est comme cela» «on n’y peut rien». Accepter de parler avec eux de cela, y compris de la mort. Le dialogue entre parents et enfants reste primordial, même si parents et enfants n’ont pas la même perception des risques, les enfants sous-estiment le risque et les parents oublient le plaisir et le défi.
Êtes-vous optimiste quant à la réussite des plans de prévention ?
Je sais qu’il ne faut pas y renoncer, ce serait pire que tout. J’ai la chance de rencontrer beaucoup de jeunes, ils peuvent parler librement, parce que je suis ni leur maman, ni leur professeur… Je travaille essentiellement sur leur responsabilisation, sur la confiance face à leurs décisions, sur leur intelligence, sur leurs compétences naturelles.
Santé : des concerts pédagogiques pour prendre conscience
des effets du bruit
L’exposition au bruit est aujourd’hui un réel problème de santé publique. Une ambiance sonore devient dangereuse pour le système auditif à partir de 85 décibels alors que la sensation de douleur n’apparaît qu’à 120 décibels. Ce qui laisse une vaste zone d’exposition à risque sans que l’organisme ne soit alerté.
Lugo : Un concert pédagogique
Même si toutes les classes d’âges sont concernées, c’est tout de même la population jeune (les 15-24 ans) qui paie le plus lourd tribut à ce phénomène de mode. Les conséquences de ce bruit sur l’organisme ? Elles sont de plusieurs ordres : vieillissement accéléré des organes de l’audition, surdités précoces, hypersensibilité au bruit, acouphènes, etc. Ces pertes auditives sont souvent source d’isolement et de dépression chez les personnes atteintes.
Les pouvoirs publics se sont saisis de ce problème de santé en définissant le Plan National Santé Environnement 2004-2008 destiné à «protéger les adolescents des risques dus à la musique amplifiée». C’est ainsi que des concerts pédagogiques se sont mis en place dès 2003 autour de cette thématique. Leur contenu a été validé par un comité d’experts du CNRS. En février 2006, le concert pédagogique breton «Peace & Lobe», créé et animé par Lugo, fut validé par le Comité de pilotage régional. De quoi s’agit-il exactement ? Tout simplement d’une animation dynamique et ludique réalisée par les musiciens du groupe, tous formés à cette problématique, l’ensemble, très interactif, ayant une durée de deux heures.
A l’initiative du Claj, le groupe Lugo se produira au Glenmor dès le début du mois d’avril. Trois concerts ont été programmés, la jauge étant à chaque fois de 300 personnes. Déjà différents établissements scolaires du Pays Cob ont réservé des places pour leurs étudiants. Ces derniers, entre l’interprétation de morceaux, connaîtront l’histoire des musiques amplifiées, le cheminement du son dans une oreille dont seront rappelées constitution et fonctionnement, etc., ceci par le biais d’illustrations graphiques et sonores alternant avec moments musicaux et échanges avec la salle. L’entrée sera libre et gratuite.
Date des concerts pédagogiques : jeudi 2 avril à 14 h ; vendredi 3 avril à 9 h 30 et à 14 h. Contact : Gwen au Claj (02.98.93.18.77.).
REPERES
A l’initiative de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS) et du Conseil Régional de Bretagne, l’Observatoire Régional de la Santé de Bretagne (ORSB) a réalisé une enquête sur la santé des jeunes, dans 51 établissements scolaires de la Région, du 23 au 27 avril 2007. 87% des jeunes interrogés pendant l’enquête se disent heureux..
Si l’expérimentation du tabac est en recul - 6 jeunes sur 10 en 2007 contre 7 sur 10 en 2001 - l’expérimentation de l’ivresse a progressé : 59% des jeunes en 2007 contre 51% en 2001. Entre 2001 et 2007, on constate une baisse de l’expérimentation et de la consommation de cannabis : pour l’expérimentation, 3 jeunes sur 10 en 2007 contre 4 jeunes sur 10 en 2001. Par contre, on observe une nette progression de l’expérimentation de la cocaïne chez les 18 ans et plus : ils sont 7% à avoir expérimenté la cocaïne ou le crack en 2007 contre 1% en 2001.
En 2007, l’optimisme face à l’avenir concerne plus de jeunes qu’en 2001 (49% contre 43%), cependant les sentiments de solitude et de désespoirs ressentis au cours de l’année sont significativement plus fréquents. + d’infos sur le site Internet www.orsb.asso.fr
QUI CONSULTER ?
Le Point écoute Oxyjeunes
A Carhaix-Plouguer : 18 rue Saint Quijeau, quartier de la Salette.
Tél. : 02.98.99.41.86.
A Gourin : 13 rue Jacques Rodallec. Tél. : 02.97.23.59.88.
A Rostrenen : 13 rue Abbé Gibert. Tél. : 02.96.29.30.22.
Permanences d’une psychologue
Carhaix-Plouguer : annexe du CCAS, rue Hollo. Tél. : 02.98.93.72.53.
Les Centres médico-psychologiques infantiles (moins de 16 ans) :
A Carhaix-Plouguer : Cité des peupliers. 5 rue Du Guesclin.
Tél. : 02.98.93.22.90.
A Gourin : 44 bis rue J.-L. Kergaravat. Tél. : 02.97.23.49.79.
A Rostrenen : 20 rue J. Pennec. Tél. : 02.96.29.28.77.
Les Centres médico-psychologiques :
A Callac : 18 rue du Cleumeur. Tél. : 02.96.45.53.29.
A Carhaix-Plouguer : Tél. : 02.98.99.18.81.
A Gourin : 20 rue J.-L. Kergaravat. Tél. : 02.97.23.42.45.
A Rostrenen : 35 rue Ollivier Perrin. Tél. : 02.96.57.40.65.
Association Parentel
Service d’écoute parents : 02.98.43.21.21.
Service d’écoute jeunes : 02.98.43.1.20.